Communiqué des Alternatifs

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

 

Communiqué Hakim Ajimi
 

    "Le procès de deux policiers de la BAC, de cinq autres policiers dont un municipal n’a eu lieu qu’après plus de trois ans de bataille de la famille, du comité Vérité et Justice pour Hakim, des différents collectifs qui ont soutenu les actions, participé aux marches, Forums… tenus régulièrement depuis mai 2008.
    Tout au long de ces étapes, la famille Ajimi a fait preuve de calme et de détermination, n'a jamais prononcé des paroles de haine ou de vengeance et cette attitude digne a permis d'aller au bout d'une démarche difficile et douloureuse de recherche de vérité.
    Ce procès, même si les inculpations (homicides involontaires et non- assistance à personne en danger) relèvent non pas des Assises, mais de la Correctionnelle, est le minimum qui pouvait être attendu pour que la Justice ne fasse pas l’impasse sur cette interpellation se soldant par la mort d’un jeune homme. Il est cependant une première victoire pour que la mort d’Hakim ne reste pas impunie.
 
    La compression thoracique a été identifiée comme prépondérante dans la cause du décès, dans le cadre d’un acharnement à vouloir immobiliser Hakim sans prendre en compte son état malgré l’intervention de témoins.
    Le Procureur de la République, a insisté sur la « responsabilité évidente des policiers dans la mort d’Hakim » et a repris la qualification d’« inhumanité » mise en avant par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.
    Malgré cela, il requiert des peines minimes, sans commune mesure avec la gravité des faits qu’il avait auparavant lui-même exposés : deux ans à deux mois avec sursis simple, alors que la peine peut aller jusqu’à cinq ans de prison.
 
    Le jugement sera rendu le 24 février.
    Deux points restent incontournables : l’importance d’une condamnation des inculpés, qui sont des citoyens-nes responsables devant la loi de leurs actes, même si cette condamnation est symbolique ; la nécessité de l’interdiction des clés d’étranglement -ce qui est déjà le cas dans d’autres pays- pour procéder à des interpellations.
 
    Quant aux raisons de l’acharnement reconnu dans beaucoup de cas d’interpellations ayant provoqué le décès de la personne, elles renvoient à deux questions.
    La première est celle du rôle donné à la police et aux consignes de maintien de l’ordre. Cette question, déjà abordée dans de précédents forums, doit continuer à être prise en charge collectivement par les associations, collectifs organisations. Nous nous retrouverons aux côtés de la famille d’Hakim Ajimi le 24 février pour entendre le verdict et, dès le 25 février, une journée de travail nous rassemblera pour continuer ce travail et cette lutte.
    La seconde est celle des violences policières dans les quartiers populaires et de leurs victimes qui sont le plus souvent des jeunes issus de l'immigration ou des derniers confetti de l'empire français (ex-DOM-TOM) et qui ont le sentiment justifié que justice n'est pas rendue et que trop souvent, les violences policières sont impunies
    Si aucun argument juridique ne plaide en faveur de mobiles racistes dans la mort d'Hakim, les Alternatifs appellent cependant à la plus grande vigilance et réaffirment leur exigence conjointe de justice, d'égalité des droits et de refus total du racisme et de toutes les discriminations."
  
 
Pour la fédération des Alpes-Maritimes des Alternatifs :
Bruno Della Sudda, Marcelle Monzeglio, porte-parole

Nice le 25 janvier 2012

Publié dans solidarité

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