Commémoration à Nice:

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

NON A LA REHABILITATION DE L'OAS ET DE LA COLONISATION !
 
    C'est par la presse locale qu'on avait appris en mars dernier la décision des nostalgiques de l'OAS de commémorer à Nice, par une cérémonie et une réunion le samedi 23 avril, le putsch d'Alger de 1961.
 
    Les réactions des élus communistes, des Alternatifs, de la LDH et du Grand Orient de France ont précédé la constitution d'un collectif unitaire composé d'associations (dont la LDH, le MRAP, NICEA, ATTAC, ADN, Les Amis de la Démocratie...), de forces politiques (Alternatifs, FASE, NPA, PCF, PG) et de la CGT.
    Ce collectif s'est adressé au préfet pour demander l'interdiction d'une commémoration visant à réviser l'histoire, à réhabiliter l'OAS et la colonisation.
 
    Faute d'avoir déposé une demande officielle dans les délais, les nostalgiques de l'OAS n'ont pu obtenir d'autorisation officielle, mais avaient obtenu de précieux soutiens en mairie de Nice, avant un démenti révélé par Nice-Matin du 22 avril.
 
    Le collectif a pris deux initiatives en guise de riposte à cette provocation.
    D'une part, la tenue le mercredi 20 avril d'une réunion publique animée par l'historien Gilles Manceron* (LDH) ainsi que par des représentants de l'Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l'OAS et de l'Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis. Tenue à Nice où le lobby des nostalgiques de l'OAS a l'appui du FN mais aussi d'une partie importante de l'UMP départementale -dont le député Luca-, cette réunion publique était un évènement politique. Pour la première fois, un autre point de vue, celui de l'Histoire telle qu'elle s'est faite, a été exprimé de manière publique, rompant avec ce silence accréditant jusque-là une sorte de consensus honteux à Nice en faveur des nostalgiques de l'OAS.
    D'autre part, la veille de la commémoration, des militantes et militants du collectif se sont retrouvé-e-s square Alsace-Lorraine à Nice, puis ont recouvert la stèle à la gloire des assassins de l'OAS d'une banderole "Non à la réhabilitation de l'OAS et de la colonisation", tenant une conférence de presse couverte par les média locaux (voir article Nice-Matin en pièce jointe).
 
    Malgré la non-autorisation de la commémoration, les nostalgiques de l'OAS, présents le 23 avril avec la présence de l'ex-maire de Nice Peyrat, devant le square fermé "pour ne pas causer de trouble à l'ordre public", ont fini par obtenir satisfaction : les grilles leur ont été ouvertes peu après, sur décision du maire de Nice.
    Celui-ci a en effet finalement cédé, ce qui était largement prévisible et qui confirme des complicités bien anciennes.
 
    Mais l'élément nouveau est que leur point de vue n'est désormais plus le seul dans l'espace public : encouragé par son double succès et l'écho médiatique obtenu, le collectif va prolonger son activité et prendre de nouvelles initiatives dans la perspective de faire entendre sa voix en 2012 à Nice, au moment où les nostalgiques de l'OAS et de la colonisation voudront détourner à leur profit la date anniversaire de l'indépendance algérienne.

Bruno Della Sudda

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Publié dans Actualité

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