Les Alternatifs 06 à la fête du Chateau du PCF à Nice

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

Alternatifs au Château

    Samedi 26 juin, dans le cadre de la Fête du château, le PCF avait invité les différentes forces de gauche du département à débattre de le perspectives des élections régionales de 2010 : « Quel projet régional ? Quel rassemblement ? »

    Étaient représenté-e-s : le PCF, le Parti de Gauche, le NPA, les Alternatifs et le Parti Socialiste (le MRC et les Verts étaient excusés).

. Intervention de Bruno Della Sudda, l'un-e des deux porte-parole* départementaux des Alternatifs. 

    "Avant d'évoquer les élections régionales de 2010, comme d'autres l'ont fait dans ce débat, je vais revenir un instant sur les élections européennes.

    Nous avons fait partie, avec beaucoup d'autres, de celles et ceux qui se sont mobilisés pour que la gauche antilibérale se présente rassemblée aux élections européennes, et nous avons échoué. C'est pourquoi, faute d'unité de la gauche antilibérale, nous avons appelé à voter indistinctement le 7 juin pour les listes du Front de Gauche et du NPA.

    Ce que nous retenons d'abord de cette élection, dont nous avons essayé d'analyser la campagne et les résultats à l'échelle des 27 États de l'UE, c'est une campagne électorale atone, molle, alors que les enjeux étaient importants, une campagne où il n'a pas été souvent question de l'Europe.

    Et ce que nous retenons surtout, c'est l'abstention massive dans les milieux populaires et la jeunesse, qui confirme la déconnexion croissante entre les institutions
européennes, la représentation politique et la population. Une abstention sur laquelle nous devons réfléchir, surtout quand elle concerne massivement celles et ceux sans lesquels on ne peut ni résister à l'offensive neolibérale, celle du capitalisme, ni construire un projet alternatif pour une autre Europe.

    Pour le dire rapidement, la victoire de la droite à cette élection n'est qu'une victoire par défaut : il n'y a pas d'élargissement de l'électorat de la droite, ce qui a manqué et permis la victoire de la droite, c'est bien l'absence d'alternative à gauche.

    On ajoutera à cela que dans plusieurs pays, il y a une poussée de l'extrême-droite, qu'à gauche la social-démocratie s'effondre par rapport à son assise historique, qu'il y a une poussée écolo (même s'il faut la relativiser car elle est moins forte ailleurs qu'en France) et que la gauche de la gauche n'a pas fait la percée qu'on imaginait.

    A propos de la poussée écolo, nous la prenons au sérieux et nous retenons le fait que dans cette campagne la liste Europe Écologie a vu juste en menant une campagne électorale centrée sur l'Europe et très axée sur l'écologie. Mais on peut regretter également que dans l'ensemble, cette campagne des écolos soit restée « verte » en même temps que la campagne du Front de Gauche et du NPA était une campagne « rouge ». En effet, les défis qui sont devant nous exigent justement que nous construisions un projet alternatif qui fasse la synthèse du « rouge » et du « vert » : cela a manqué dans cette campagne électorale européenne.

    En toute cohérence, les Alternatifs sont favorables au rassemblement de toute la gauche antilibérale -nous préférons l'appeler la gauche de transformation sociale et écologique- et des écologistes opposés au libéralisme -et ils sont nombreux dans notre région, à l'occasion des prochaines élections régionales.

    Si on a échoué à cela aux élections européennes, cette fois-ci, il faut réussir !

    Le plus important, à nos yeux, est de se mettre d'accord sur un projet régional, en centrant bien notre campagne sur l'avenir de notre région, et en accordant toute leur place aux questions d'aménagement du territoire et à l'écologie.

    De ce point de vue, il faudra bien établir le bilan des politiques publiques menées par le conseil régional sortant**, ainsi que le bilan de ses orientations.

    On a évoqué dans ce débat la politique des transports qui comporte certes des points positifs. Mais on ne peut oublier que lors du mandat précédent, le conseil régional avait fait pression pour le projet démentiel d'agrandissement croisiériste du port de Nice (auquel s'étaient opposés avec succès le mouvement associatif et la gauche locale à travers Nice-Plurielle*** et toutes ses composantes).

    Et on ne saurait passer sous silence que le conseil régional s'est prononcé en faveur du projet ITER****, qui était et qui reste pour nous inacceptable pour des raisons écologiques et aussi pour des raisons financières.

    Enfin toujours sur les questions d'aménagement, comment oublier que le même conseil régional a soutenu plus récemment le projet des JO Nice 2018 et l'Opération d'Intérêt National (OIN), à laquelle nous sommes totalement opposés pour des raisons tant écologiques que démocratiques***** ?

    On a aussi évoqué dans ce débat les positions politiques du président du conseil régional, Michel Vauzelle. Bien sûr, nous n'avons pas oublié qu'il avait été le premier dirigeant socialiste dès 2004 (il l'avait annoncé à l'ouverture de l'université d'été d'ATTAC à Arles) à se prononcer pour le Non au Traité Constitutionnel Européen et nous apprécions sa proposition d'inscrire les services publics dans la constitution, proposition qui n'est pas celle du PS
    Mais cela ne suffit pas nécessairement et les positions de Michel Vauzelle ne peuvent faire oublier la politique du PS des Alpes-Maritimes que nous connaissons bien, celle du PS du Var, celle du PS des Bouches-du-Rhône...

    Se rassembler séparément du PS au premier tour des prochaines élections régionales ne veut pas dire pour les Alternatifs renvoyer dos-à-dos la droite et le PS : nous n'avons jamais confondu notre droite et notre gauche, quels que soient nos désaccords avec le PS.

    C'est pourquoi nous pensons qu'il faudra battre la droite au second tour des élections régionales, et pour ce faire, il faut sans tarder ouvrir le débat sur la manière dont on peut passer accord avec le PS contre la droite : simple accord technique (avec représentation démocratique des différentes forces au conseil régional) ou accord politique (gestion commune avec le PS de la région).

    Cette question n'est pas secondaire et les Alternatifs arrêteront leur position fin septembre 2009.

    Nous devons empêcher la droite de remettre la main sur notre région. Le rassemblement autour d'un projet alternatif pour notre région exige que nous nous mettions rapidement au travail ensemble : c'est ce que nous avons commencé à faire avec le NPA récemment rencontré à l'échelle départementale, et nous souhaitons l'élargissement de cette démarche à d'autres composantes ! "

* L'autre porte-parole départementale des Alternatifs est Marcelle Monzeglio (conseillère municipale de Grasse).

**Dirigé par le PS allié aux composantes de l'ex- « gauche plurielle ».

***Nice-Plurielle était le nom du rassemblement de la gauche niçoise à l'occasion des élections municipales en 2001 puis du groupe des 14 élu-e-s locaux au conseil municipal de 2001 à 2008, il comprenait les principales composantes de la gauche plurielle (PCF, PS et Verts) et les Alternatifs.

*****ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor - réacteur expérimental thermonucléaire international) est un prototype de réacteur nucléaire à fusion actuellement en construction à Cadarache. Il est officiellement destiné à vérifier la « faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d’énergie ».

*****L'OIN est aussi appelée pompeusement « Ecovallée » alors qu'elle est en fait une opération de bétonnage de la plaine du Var.

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