Il y a urgence...

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

 
En avant-première : l'édito du prochain numéro de "Rouge & Vert", hebdomadaire national des Alternatifs.

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Il y a urgence...

    La « ronde infinie des obstinés », menée par les enseignants-chercheurs mobilisés contre la privatisation de l'université, a tourné pendant des semaines sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris. Elle témoigne du degré de combattivité des secteurs les plus avancés des mouvements sociaux. Le 21 avril, la colère des salarié-e-s de l'usine Continental a éclipsé l'opération de Sarkozy visant à remettre la logique sécuritaire au coeur du débat public.

    La situation sociale et politique se caractérise, dans un contexte de forte remise en cause du capitalisme sans débouché social et politique crédible, par de fortes potentialités de mobilisations, de luttes radicales, mais également par un risque réel de voir le pouvoir reprendre la main en divisant, réprimant, rassemblant un "bloc de la peur".

    Après une mobilisation du 1er Mai, sans commune mesure par son ampleur avec les manifestations des années précédentes, mais en net retrait par rapport à la journée du 19 mars, la question de l'approfondissement et de l'élargissement du mouvement de protestation populaire contre la droite et le MEDEF est posée.

    Il serait trop facile de s'en tenir à dénoncer les "directions syndicales", mais celles-ci sont confrontées à un choix stratégique : gérer la décroissance des mobilisations ou contribuer à leur renforcement dans la durée. L'enjeu est d'autant plus important que le secteur privé
est, encore partiellement, entré dans la danse.
    Par ailleurs,  des secteurs combattifs larges s'expriment, dans les entreprises menacées de liquidation pure et simple ou de plans massifs de licenciements, comme dans l' Enseignement ou le secteur hospitalier.

    La question d'une expression massive des salarié-e-s confronté-e-s aux plans de licenciements est posée, comme celle de la jonction entre secteurs en lutte. Elle passerait sans doute par la combinaison d"initiatives centrales, comme une marche nationale contre les licenciements, et de victoires partielles comme la reprise d'entreprises par les travailleurs/ses.

    Mais de telles perspectives ne se décrètent pas, et elles ne peuvent être initiées par les organisations politiques, fussent-elles radicalement à gauche : elles sont l'affaire des salarié-e-s elles/eux mêmes.
   
Il est en revanche de la responsabilité des organisations politiques de la gauche et de l'écologie de gauche de manifester ensemble leur solidarité, et leur convergence sur des objectifs communs.

    C'est pourquoi les Alternatifs, sans remettre en cause la possibilité d'appels très larges des partis de gauche en soutien aux mobilisations, agiront pour reconstituer le cadre unitaire et propositionnel qui s'était manifesté avant la journée de mobilisation du 29 janvier 2009.
C'est aussi pourquoi ils appellent à voter indistinctement pour les listes du NPA et  du Front de Gauche aux  élections européennes.

    Il y a urgence, pour qu'en définitive la résignation et la peur ne noient pas la colère sociale, que les secteurs combattifs ne soient pas laissés isolés, que les convergences sociales se réalisent, comme c'est en partie le cas pour le droit à la Santé et à l'Education, que des propositions offensives et unitaires s'expriment pour les services publics, contre les plans de licenciements, pour de réels droits d'intervention et de contrôle des travailleurs-ses dans l'entreprise, en liant toujours enjeux sociaux et écologiques.

Jean-Jacques Boislaroussie


Publié dans Actualité

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