Hôpital de Grasse: pétition contre le plan de redressement

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

La pétition contre le plan de redressement circulera encore quelques jours dans les services de l'hôpital pour permettre à ceux qui étaient d'astreinte

de se manifester.

 

Grève.  Entre midi et 15 heures, hier, la CGT a recueilli les signatures de professionnels de santé et d'usagers. Objectif : rejeter le plan d'économie de l'établissement (Le ciel bleu s'y prêtait totalement, mais ils n'étaient pas là pour pique-niquer ! sous le parasol de la CGT, planté devant l'hôpital, la grève était de bon ton, hier entre midi et 15 heures. Avec comme mot d'ordre : opération pétition !

« Nous faisons signer aux usagers une requête nationale sur l'avenir de l'hôpital. Sans oublier une pétition d'ordre plus locale pour demander le retrait pure et simple du plan de redressement » résumait Patrice Cattaert, représentant syndical.

Une mobilisation justifiée donc, par ce plan d'économie mis en place par la direction du centre hospitalier de Clavary. Sans licenciement mais avec une réorganisation du travail complète, l'établissement devrait dégager sur 4 ans 3,3 millions d'euros afin de retrouver l'équilibre budgétaire.

La santé dictée par un budget ?

Premier constat : s'il ne fallait pas s'attendre à un attroupement autour du stand improvisé, les problématiques de l'hôpital ne laissent personne indifférent.

« Moi, dans tous les cas, un hôpital en tant que service public ne doit pas avoir pour vocation de réaliser du bénéfice, avoue Christophe. Je n'ai jamais été déçu ici ! Le personnel a toujours été à l'écoute... mais j'imagine bien que si la charge de travail augmente, cela risque de changer. Nous ne voulons pas d'un système américain. » Et ce jeune papa fréjussien de lier la parole au geste en signant la pétition.

Venus également pour soutenir ses camarades, Alain et Jean-Michel connaissent d'expérience les conséquences d'une politique d'économie. Ils sont tout deux cuisiniers pour le Syndicat inter hospitalier (SIH). « Notre cuisine a été délocalisée pour faire plus d'économie. Avant nous cuisinions dans les murs du CH Grasse. Aujourd'hui, nous couvrons les besoins de Cannes et Antibes. Si notre cuisine est dictée par le budget qu'on nous donne... qu'en sera-t-il en matière de santé ? » Après avoir échangé quelques mots avec les grévistes, ils sont retournés travailler. « La grève ça coûte chère par les temps qui court,» nous assure-t-on.

«Impensable de faire grève !»

Et les médecins dans tout ça ?

Difficile d'attendre d'eux une mobilisation quelconque...

« Il est complètement impensable de faire grève, lance le docteur Vignal, chirurgien obstétrique. Je ne me vois pas du tout expliquer à un patient que je ne peux pas le prendre en charge car je suis en grève ! » Sa philosophie est assez tranchée, ce qui ne l'empêche pas d'approuver la mobilisation. «Toutes les personnes qui gravitent autours du patient doivent être valorisées et protégées! Nous avons besoin de tout le personnel. Qu'il soit médical ou non-médical.»

Pour un jeune interne présent, la courbe dans laquel s'inscrit l'hôpital est plus problématique. « Si l'on constate une dégradation des conditions de travail, la première conséquence sera une crise de vocation dans certaines spécialités ».

A ses yeux, l'hôpital public de demain ressemblera au privé d'aujourd'hui... En laissant de côté les conditions de travail bien plus privilégier. Que l'on parle salaire ou infrastructure...

Fabien Pigalle

Nice-Matin - 24 avril 2009

 

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article