Grasse: le personnel de l'hôpital rejette le plan de redressement

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

Hôpital : le personnel rejette le plan de redressement

La CGT a appelé à la mobilisation aujourd'hui afin de demander le retrait du plan de redressement qui sera bientôt soumis à l'approbation de la Haute autorité de santé.

 

Grève. En déficit, l'hôpital de Clavary doit activer son plan d'économie de 3,3 millions d'euros sur 4 ans. La masse salariale voit rouge !Un plan de redressement, ça ne fait jamais plaisir... Mais quand il concerne, en plus, l'unique hôpital public d'une ville de plus de 50 000 habitants, il y a de quoi s'inquiéter.

C'est aujourd'hui, devant le centre hospitalier de Clavary, que le personnel se rassemble entre 12 heures et 15 heures, afin de protester contre le plan de redressement mis en place.

Avec un déficit de 3,1 millions d'euros, les instances de l'établissement ont approuvé le plan qui vise à économiser sur quatre ans, 3,3 millions d'euros. Objectif : Budget équilibré en 2012.

Aux yeux de Patrice Cattaert représentant syndical, « Cette économie se fait pour près de 60 % sur la masse salariale ! » Un paradoxe selon lui, quand on sait que le mécanisme budgétaire de l'établissement passe par la tarification à l'activité.

Autre motif d'inquiétude, l'éventuel ralentissement d'évolution de carrière au sein de l'hôpital. « C'est aussi la conséquence de la restriction salariale...»

Du côté de la direction, on se veut optimiste. « Il n'y a pas de licenciement, juste une réorganisation du temps de travail. Au lieu de fonctionner en trois journées de huit heures, on optera pour deux de douze heures. Les services seront aussi restructurés pour plus d'efficacité. Il y a encore trop de déséquilibre, dans certains secteurs. Il nous faut plus de cohérence, » affirme Martine Benoît-Rigeot, directeur du centre hospitalier de Grasse.

Les médecins épargnés

La masse salariale ? Cible facile... et logique quand on sait qu'elle représente 70 % du budget de l'établissement - estimé lui à 75 millions d'euros.

« Les médecins ne sont pas trop concernés par le plan de redressement. Il y a essentiellement le personnel non médical qui est touché. Les aides soignantes en font partie, et l'on sait que leur charge de travail est conséquente ! Qu'en sera-t-il après ? »

Ping-pong de point de vue, la direction espère bien s'appuyer, dans les quatre ans qui viennent, sur une augmentation significative de l'activité.

Les bénéfices non pris en compte !

« Dans notre plan de redressement, l'ARH ne retient que les prévisions d'économie sur dépense ! Les bénéfices entraînés par une forte activité ne sont pas comptés... Mais ne doivent pas être exclus ! Le plan de redressement pourrait se trouver assoupli. »

Martine Benoit-Rigeot plaide également les valeurs de solidarité qui caractérisent le monde médical.

Mais pour Patrice Cattaert, le danger est aussi de décourager les générations futures. « La charge de travail augmente, alors que les conditions se dégradent toujours un peu plus. »

Fabien Pigalle

Nice-Matin edition du jeudi 23 mars 2009

 

 

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