Le cas Ajimi dans le rapport d'Amnesty Iinternational 2009

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

Nice-Matin édition Grasse du 3 avril 2009

« I l vaut mieux être policier que simple citoyen. Ils sont couverts»
. Cette phrase prononcée par Boubaker Ajimi, le père d'Abdelhakim Ajimi, décédé lors de son interpellation le 9 mai 2008 à Grasse, figure dans l'introduction du rapport 2009 d'Amnesty International intitulé « France, des policiers au-dessus des lois», présenté hier à la Maison des associations par la section des Alpes-Maritimes, Une présentation dans la cité des Parfums, en présence de Boubaker Ajimi, évidemment pas hasardeuse. « Ici, ce rapport a un reflet particulier, explique Renaud Brouquisse, responsable local d'Amnesty. Il était important, symboliquement, qu'il soit présenté ici».

Sur 48 pages - le rapport a été effectué, à Londres, par Amnesty International monde - l'organisation qui défend les droits de l'Homme dresse un nouveau constat des violences policières dans le pays. avec 12 cas recencés. Parmi eux, donc, celui du jeune Grassois de 22 ans (1), mais aussi celui de Gwenaël Rihet, journaliste de France 3 agressé lors du Festival de Cannes le 15 mai 2004.

 

Quatre ans après le dernier rapport, rien n'a changé

Le dernier rapport sur notre pays, intitulé « France, pour une véritable justice», remonte à 2005. « Malheureusement, les autorités françaises n'ont appliqué aucune des recommandations essentielles qui visaient à lutter contre les violations des droits humains et le climat d'impunité évoqués dans les rapport 2005, peut-on lire dans l'édition 2009. Par conséquent, quatre ans plus tard, les problèmes mentionnés en 2005 n'ont toujours pas été réglés».

« Il ne s'agit nullement de faire un ciblage sur la justice, la police, le ministère public, car la plupart du temps, les officiers font leur travail de façon profesionnelle et déontologique, explique Colette Febvre, conseillère régiononale d'Amnesty International. Mais il existe des comportements individuels dans la police qui ne sont pas normaux au niveau de l'interpellation, des violences physiques et verbales, de la discrimination raciale ainsi qu'une espèce d'impunité de la justice anormale ». Et l'association de demander au gouvernement la création d'une « autorité indépendante » afin d'examiner ces cas.

 

Manif de soutien en mai

Alors hier, évidemment, l'histoire d'Hakim Ajimi, a longuement occupé la conférence de presse. « Hakim a acquis la nationalité française juste après sa mort, souligne Walid Klai, du comité de soutien. Ce n'était pas un voyou ni un brigand. Il a eu un coup de colère et il est tombé sur une équipe de police et ça lui a coûté la vie. Notre combat est celui de tout ceux épris de justice et de vérité devant un système qui cautionne des méthodes policière qui mènent jusqu'à la mort. Que chacun assume ses responsabilités ».

« Aujourd'hui, lâche Boubaker Ajimi dont la dignité dans cette tragédie ne cesse de surprendre, ce qui fait le plus mal, c'est que les policiers qui ont tué mon fils travaillent toujours à Grasse et passent devant nous. Mais on va se battre jusqu'au bout ». Un an après la mort d'Hakim Ajimi, le comité de soutien devrait organiser un forum en mai prochain à Grasse.


Rafaël Perrot
 

(1) En décembre dernier, les deux policiers de la BAC responsable de l'interpellation d'Hakim Ajimi n'ont pas été mis en examen, mais placé sous le statut de témoin assisté. En revanche, cinq autres policiers ont été mis en examen pour non assistance à personne en danger.

 

Publié dans solidarité

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