Mariage annulé à Lille :

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

entre modernité et archaïsme, il faut choisir 

Comme pour beaucoup la décision rendue par le TGI de Lille d’annuler un mariage au motif du mensonge d’une femme sur sa virginité nous scandalise et nous inquiète.  Elle nous scandalise en ce qu’elle érige au rang de « qualité essentielle » la virginité des femmes, cette règle d’un autre âge, purement et simplement discriminante, réduisant la moitié de l’humanité au statut d’une « denrée » dont on pourrait contester sans autres formes la qualité ! Le TGI vient, par sa décision, de rentrer dans la logique de marchandisation en lieu et place de sa mission première de protection des individus tout en légitimant le fait, par là même, que la virginité des femmes deviendrait une « valeur » féminine. C’est tout simplement une attaque frontale au droit des femmes à disposer librement de leur corps.  Elle nous scandalise par la jurisprudence possible induite par ce jugement. Les conséquences en seraient désastreuses pour les droits des femmes. En ce sens il est également contraire à toutes les valeurs de notre société qui prônent une émancipation des femmes des règles de domination subies depuis des siècles. Rappelons que la France a ratifié toutes les conventions internationales sur ce thème y compris celle contre les discriminations faites aux femmes (CEDAW), qu’elle légifère pour une véritable égalité des femmes et des hommes dans sa société, qu’elle lutte contre les discriminations et défend le droit des femmes à disposer de leur corps, ce droit de choisir librement.  Nous sommes inquiets de constater qu’aujourd’hui, en France, dans notre pays, certaines applications des dispositions du code civil peuvent conduire à une atteinte à la dignité des femmes. Ce jugement sans précédent donne raison aux pressions, aux violences familiales et conjugales exercées sur les femmes. Le MFPF considère que ce contrôle sur le corps des femmes constitue une violence fondamentale. Nous affirmons notre solidarité à toutes les femmes obligées de mentir et de se justifier, tiraillées entre une légitime envie de modernité et sous le boisseau d’un archaïsme patriarcal hors d’âge.  Nous attendons de l’Etat qu’il affirme sa laïcité et qu’il soit garant de l’égalité entre les hommes et les femmes en éliminant des divers codes toutes les dispositions qui porteraient atteintes à cette égalité.   Nous attendons de l’Etat qu’il veille à ce que la justice n’attaque pas les politiques mises en place dans les domaines de la sexualité telles les campagnes contraception reconnaissant la sexualité des jeunes, la suppression de l’obligation d’autorisation parentale pour l’IVG, la délivrance gratuite de la contraception pour les mineurs et en particulier la contraception d’urgence … Nous interpellons fermement les ministres et secrétaires d’Etat en charge de la justice, de la prévention et de l’éduction à la sexualité, de l’égalité femmes/hommes et attendons de l’Etat qu’il se positionne clairement et prenne les mesures qui s’imposent au nom des principes fondateurs de la République.  Nous ne pouvons accepter une régression, un retour à un ordre moral obsolète ni même le qualificatif de « faits divers » attribué à ce jugement. Notre société doit résolument se tourner vers demain et garantir l’absence de discrimination de l’un ou l’une de ses membres, c’est un enjeu démocratique.    Le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF) réaffirme à nouveau sa lutte contre toutes les formes de discriminations qu’elles soient liées au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’origine ou à l’appartenance ethnique et rappelle qu’elle prend en compte toutes les sexualités et prône le droit de les vivre pleinement et librement.  

Mouvement Français pour le Planning Familial  Paris, le 2 juin 2008

communiqué de presse
Contact
 : Marie-Pierre Martinet : 01 48 07 81 00/ 01 48 07 29 10 

 

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