HAKIM: un témoignage

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

Voici un texte émouvant, mais qui entraîne également une réflexion sur la démocratie et les politiques  qui sont menées pour "maintenir l'ordre dans la rue".
Nous vous en proposons la lecture.


 
Je suis ce soir encore sur ce que donne à voir la ville de Grasse.
Un jeune homme de 22 ans, a été victime hier de ce qui semble bien être une bavure policière. Après un différent avec le Crédit agricole, il a été intercepté par la police nationale, s'est certes débattu, mais il a été roué de coups, sur le boulevard central de la ville... Un maître-chien qui passait par là s'est insurgé contre le traitement infligé, il témoigne d'un jeune "violet" , s'étouffant et frappé par la police. Ce témoin a été saisi par la BAC, transféré au commissariat, là, il a entendu les policiers locaux dire qu'il y avait un problème avec le jeune intercepté et battu... il est mort d'un arrêt cardiaque dans leurs locaux. Il était magrhebin. Le maître chien a été libéré vers les 19 heures, il témoigne dans Nice-Matin d'hier.
Cet après-midi, j'ai participé à une marche silencieuse qui était organisée à la mémoire d'Hakim. PLus de de 2000 personnes en plein cœur "d'expo-roses", comme une image de la Côte d'azur, de notre pays dérivant.

Il y a six ans de cela, j'ai été contacté par le Greta pour donner des cours à des "auxiliaires de sécurité" (emplois jeunes dans la police) qui passaient l'examen interne pour devenir gardiens de la paix.
J'y suis allé avec une morale républicaine. J'y ai découvert que cette morale était gauchiste... plus de 80% de ces jeunes étaient sur les positions du FN. Un noir traversait la rue... il était dans les arbres deux mois avant... les arabes, des bicots, des crouilles... tous machos, chasseurs... effarant... L'un des mes pires souvenirs d'enseignant. L'un d'eux m'a interpellé récemment pour me dire qu'ils avaient tous réussi leurs concours, ils sont tous policiers nationaux.
J'avais à cette occasion rencontré un policier de la vieille école : il me disait sa préoccupation : ce recrutement lui semblait périlleux, lourds de menaces. Samedi, la menace a pris corps.

J'ai rencontré nombre d'anciens élèves dans cette manifestation, j'ai vécu la dignité et la responsabilité de la population d'origine magrhebine, mais la tristesse était bien là...
Ainsi va la France de Sarko, quand on parle de nettoyage, il est de mots qui appellent le meurtre et comme en plus on équipe ces bras de flash-ball...
Jusqu'à quand ?
Yves Ughes
 

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