Grasse, à propos du PLU

Publié le par Alternatifs06 pays de Grasse

Marcelle Monzéglio
conseillère municipale

La présentation globale du PLU et les orientations retenues, laissent une impression générale d’insatisfaction : évidemment, il y a une cohérence, tous les secteurs importants sont étudiés. Mais il manque pour qu’il soit convaincant, un élément fondamental : une véritable concertation avec les citoyennes et les citoyens grassois. C’est ce qui ferait la différence avec une liste de bonnes intentions. On ne retrouve pas dans les domaines essentiels pour la qualité de vie des grassoises, grassois et le développement durable et raisonnable affiché, des choix , des stratégies .

Je prendrai quelques exemples :

1/ Maîtriser un développement urbain et équilibré ::

structurer les quartiers est une intention louable mais floue : quelles priorités pour cette structuration ? Celle-ci peut se faire autour du développement des Services Publics, d’une politique culturelle et associative dynamisée, avec une vision des transports en commun et de l’usage modéré des voitures qui implique une démarche ambitieuse qui n’apparaît pas dans le PLU.

- les entrées de villes sont traitées avec une généralité étonnante, des lieux et des projets à court terme de parkings permettant de « déposer » les voitures ne sont pas déterminés.

2/ Habiter et vivre à Grasse :

Diversifier l’offre de logements et favoriser la mixité : nous lisons de louables intentions, mais pas de réelles pistes pour y arriver ; nous remarquons, une fois de plus, que sans rencontrer les populations concernées par les réhabilitations, sans investissement de ces habitants dans la réflexion et les choix d’aménagement des lieux public communs (places, marché,…) il peut y avoir un grand écart entre les vœux et les réalisations à venir.

Réguler et maîtriser la production de logements : nous aimerions savoir quelles mesures, avec quels partenaires sont envisagées pour y arriver ; la prolifération des constructions récentes, leur manque de convivialité, leur concentration , l’absence de véritables espaces verts qui devraient accompagnés ces projets laissent craindre le pire pour la suite.

3/ Développement économique :

- le développement du pôle aromatique de sainte Marguerite, la restructuration de la zone du Carré- Marigarde mériteraient des développements moins généraux. Ces zones ont poussées de façon assez anarchique pour rendre tout projet restructurant bien délicat, certaines cohabitations étant irréversible (lycée, surfaces commerciales)., usines

- la zone Saint-Marc mérite une vigilance particulière, vu l’importance pour le sud de la ville de cet espace exceptionnel, et la nécessité d’une réflexion sur l’agriculture de proximité et son importance économique, mais aussi sociale.

- pour le commerce, quelle priorité pour le commerce de proximité, lié à un projet de mixité sociale ? Quand au tourisme, les pistes autres que « la Cité des Parfums » ou le tourisme de luxe sont peu explorées.

Ces points pourraient être abordés avec cohérence dans une dimension d’écodéveloppement.

-dans le même registre,le choix d’implantation de logements à vocation de tourisme de luxe sur le site de Roquevignon est une orientation lourde de sens : cet espace doit avoir vocation de poumon vert de la ville, c’est une réserve verte –la dernière- pour l’avenir de la cité. Seuls des aménagements « doux » ( parcours de santé, souci de protection du site, de la source et de la nappe phréatique) devraient être envisagés. Le projet actuel donne une orientation irréversible et négative à ce site, en contredisant fortement le souci énoncé de développement raisonnable.

4/ Mieux se déplacer à Grasse :

- Evidemment, l’amélioration de la voirie est incontournable ; mais ne pas lier les projets de constructions, les projets commerciaux comme « Axe 85 » et les problèmes de circulation qui vont se poser à court terme, ne pas anticiper ces problèmes , c’est une carence particulièrement inquiétante du PLU. Quand à la circulation des poids lourds, nous ne trouvons pas de solution pour les années à venir et pour un problème aussi difficile et parfois dangereux à vivre pour certains quartiers

- Nous revenons à la question des transports en commun : ils ne peuvent recouper au plus près les besoins, limiter les pollutions qu’avec des mesures concernant la fréquence du service proposé et l’installation de lieux de « dépose » de voitures gratuits ou à faible coût.

- Les transports en mode doux, demandent une continuité qui n’est pas la qualité des pistes cyclables réalisées à ce jour. Il n’y a pas de garantie pour celles à venir d’une utilisation plus sécurisée par des circuits continus.

Publié dans municipales 2008

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